Hand
Guillaume Stocker (Bauhb) : « Un gros coup derrière la tête »
Les handballeurs belfortains ont touché le fond, dimanche, en s’inclinant à Martigues. Touchés mentalement, Guillaume Stocker et ses partenaires doivent cependant réunir leur énergie pour redresser la barre, samedi au Phare (19 h 30), devant Villeneuve-Loubet.
Le revers inattendu concédé dimanche à Martigues a causé de gros dégâts au sein du Bauhb. Psychologiquement atteints par cette défaite chez l’un des relégables, entraîneurs et joueurs se sont retrouvés lundi soir, dans une ambiance « particulière » pour une séance pas tout à fait comme les autres. « On n’a plus le cœur à rien » lâche Guillaume Stocker, qui demeure pourtant, l’un des plus combattants du groupe.
À 30 ans, le capitaine belfortain n’a jamais connu pareille situation dans la cité du Lion. Désormais, l’heure est grave et si chacun doit faire son autocritique, la mobilisation générale est décrétée pour la venue de Villeneuve-Loubet.
On est au fond du trou
Guillaume, après le déplacement à Martigues, est-ce que le Bauhb parvient à digérer sa défaite ?
Non, et cela ne va pas être le cas cette semaine. Pour moi, comme pour les autres. Lundi soir à l’entraînement, personne n’avait le cœur à rien. On a tous pris un gros coup derrière la tête. On a conscience de nos lacunes, mais on n’arrive pas à réagir. Pourtant, c’est maintenant que l’on va constater si le Bauhb peut vivre ou pas.
Pouvez-vous revenir sur cette défaite à Martigues ?
On a fait preuve d’une fébrilité offensive incroyable ! Il y a eu beaucoup trop d’échecs. Hormis Messaoudene, les arrières n’ont pas été performants. Le problème, c’est que l’on perd ses ballons sans même shooter ! On les offre à l’adversaire et sur ce match, on doit prendre au moins 25 contres ! Ce n’est pas possible de gagner dans de telles conditions. D’ailleurs, on ne méritait pas la victoire. Si le Bauhb avait pris trois points, cela aurait constitué un vrai hold-up !
Parfois, le Bauhb ressemble à une équipe de N3
Avec quatre défaites en sept matches, on ne peut plus parler de hasard. Le Bauhb est-il en danger ?
Oui, et même avant ce déplacement à Martigues. Il y a un problème. Le succès face à Gien avait fait du bien, et on pensait vraiment repartir du bon pied. Et là, patatras… À l’entraînement, c’est pareil. Une fois, on est génial et le lendemain, on dirait des débutants. Je comprends la détresse d’Ilian Vassilev, qui ne sait plus sur quel pied danser en constatant notre comportement.
C’est donc bien dans les têtes que se situent les problèmes ?
Oui, tout à fait. Tout le monde est touché, tout le monde est déçu. Les joueurs, le coach, les dirigeants, le public… Cela ne peut pas continuer comme cela, car on est en train de mettre le Bauhb en péril. Or, il y a tout pour réussir, ici à Belfort : le club, le staff, le groupe, l’environnement, la salle…
N’avez-vous pas l’impression que l’équipe a deux visages en ce début de saison ?
Je ne sais pas. Je trouve surtout que certains ne prennent pas assez leurs responsabilités. Ils sont fébriles, ils ont peur, et à ce point, ce n’est plus possible. Parfois, le Bauhb ressemble à une équipe de N3, alors que nous descendons quand même de D2 !
À quoi vous raccrochez-vous actuellement ?
Face à Gien, on avait retrouvé un esprit d’équipe, une combativité pour s’en sortir. À Martigues, on a bien défendu, mais il manque la hargne de s’en sortir, la volonté de s’arracher. On doit prendre exemple sur Thibault Hehlen. Il est absent trois semaines sur blessure, il rentre, il marque et il défend comme un lion. Baptiste Grosperrin, aussi, affiche cet état d’esprit. Maintenant, c’est clair. Il faut que tout le monde se réveille, prenne conscience de la situation et évolue dans le même registre.
Quel remède préconisez-vous pour stopper cette spirale infernale ?
Les discours ne servent plus à rien. Il faut se mettre pendant une heure devant une glace, se regarder, et voir l’urgence du moment. On n’a aucune excuse, car tout est fait au club, pour nous mettre dans les meilleures dispositions possibles.
Samedi, c’est pourtant Villeneuve-Loubet qui se présente au Phare…
Villeneuve ou pas, il faut trois points. Peu importe la manière, nous devons nous imposer. Sinon, on sera vraiment dans la m…
Propos recueillis par Pascal Pigatto